À Québec: La fluoration de l'eau est
en sursis
Régys Caron
Le Journal de Québec
17/04/2007 06h56
La Ville de Québec attendra un an avant
de mettre fin à la fluoration de l'eau
potable offerte à ses citoyens.
Tel que prévu, le conseil municipal a
littéralement pelleté la question dans la
cour du ministère de la Santé, hier, lui
donnant jusqu'au 1er avril 2008 pour adopter
un règlement obligeant les municipalités
à fluorer l'eau potable. À défaut de quoi
la fluoration de l'eau par la Ville de Québec
sera «suspendue».
Le caucus des élus du Renouveau
municipal a utilisé sa majorité à deux
reprises pour remporter la mise, au grand
dam de la mairesse Andrée Boucher. D'abord
pour rejeter une proposition du comité exécutif
qui consistait à obliger les élus RMQ à
voter sur le fond de la question, sachant
que l'opposition était divisée.
Ensuite le RMQ a éludé un vote sur
l'arrêt immédiat de la fluoration en
faisant porter la responsabilité sur le
gouvernement, du moins pour un an. Tous les
élus du conseil municipal estiment peu
probable que le gouvernement du Québec
osera obliger les municipalités à fluorer
leur eau. Le ministère de la Santé se
contente de recommander fortement aux
municipalités de le faire et il paie la
facture.
Appliquée par l'ancienne Ville de Québec
depuis 1972, la fluoration de l'eau n'en a
plus que pour un an. La mairesse Andrée
Boucher et son comité exécutif ont mis au
défi l'opposition de voter sur le fond de
la question. «Nous avons la responsabilité
de voter sur cette question, a plaidé la
mairesse. La chef de l'opposition (Ann
Bourget) essaie de soustraire le conseil à
sa responsabilité.»
Ann Bourget a fait prévaloir le
consensus intervenu au sein de son caucus.
«Le gouvernement est pris avec une patate
chaude et il essaie de nous la refiler»,
a-t-elle dit. «Il ne fait pas partie de la
mission d'une ville de statuer sur une
question de santé publique», a ajouté le
conseiller Alain Loubier.
La décision prise hier a réjoui les
membres du Front commun pour une eau saine.
«Pour nous, c'est l'aboutissement d'une
longue lutte», a commenté une porte-parole
du FCES, Émilie Dufour.