Commentaires sur
Le fluorure dans l’eau potable au
Canada
de Santé Canada
par Gilles Parent, ND.A.
pour le Front commun pour un eau
saine
Le Front commun pour une eau saine est une coalition d’une dizaine d’associations
environnementales ou professionnelles qui, après une sérieuse analyse,
s’opposent individuellement et collectivement à la fluoration de l’eau pour des
motifs scientifiques relatifs à la faiblesse de la preuve de son efficacité, à
la somme toujours plus grande d’études qui démontrent ses risques de toxicité
et à l’absence de preuves de son innocuité, du manque de contrôle du dosage en
fluorure ainsi administré, aux problématiques sur le plan légal et éthique de
son application et de son impact clairement nuisible à l’environnement.
Sont membres de la coalition :
Le Conseil régional de l’environnement – Capitale Nationale (CRE)
Les AmiEs de la Terre de Québec (ATQ)
Qualité de vie à Québec (QVQ)
L’Association des naturopathes agréés du Québec
La Ligue des droits et libertés de Québec
L’Association québécoise pour un contrat mondial de l’eau
Réseau du Forum social Québec-Chaudière-Appalache
L’Association de dentisterie biocompatible du Québec
La société pour vaincre la pollution
Simplicité Volontaire de Québec
Table des matières
Introduction...................................................………………………………......................4
1. Les champs d’expertise et de
compétence des experts du Comité sont trop limités pour produire un rapport
scientifiquement crédible et valable:……..4
2. L’expertise
et la compétence de trois membres du Comité d’experts sont fort discutables:
.............................................................................................................5
3. Le déséquilibre des champs de pratique des
professionnels sélectionnés ne peut que restreindre la vision globale de
l’analyse et influencer les conclusions: .................................................................................................................6
4. Le
manque d’objectivité des experts choisis pour constituer le Comité soulève de
sérieuses inquiétudes sur la validité de l’analyse des données et des
conclusions qui en
découlent:................................................................7
5. L’analyse
du document Le fluorure dans l’eau potable au Canada révèle que le
comité a recours à deux poids deux mesures dans l’évaluation et la critique des
études sur l’efficacité ou la toxicité des fluorures, c’est donc dire un
sérieux problème d’objectivité:............................................................8
6. Le
document de révision sur le fluorure de Santé Canada ne respecte pas la méthode
scientifique
élémentaire................................................................10
7. Santé Canada
ne semble pas comprendre la différence entre une concentration et une dose
quotidienne...........................................................16
8. Le
document Le fluorure dans l’eau potable au Canada de Santé Canada
affirme que le Comité fédéral-provincial-territorial sur l’eau potable (CEP) a
évalué l’information disponible sur le fluorure afin de réviser les
recommandations en vigueur sur l’eau potable alors qu’il a fait de nombreuses
omissions ....................................................................................20
AUTRES OMISSIONS IMPORTANTES
9. Le document de Santé Canada a négligé les analyses très documentées sur
le cancer effectuées par des experts, les Dr Bundock, Burk, Morin et de Me Graham
dans Science and Public Policy ainsi que celles de Morin, Graham et Parent dans
La fluoration: autopsie d’une erreur scientifique...21
10. La dimension
environnementale de la fluoration est complètement évacuée. Santé Canada, s’il a fait le calcul de la
contribution de la pollution par les fluorures dans l’apport total quotidien, a
complètement oublié, dans son document, d’évaluer l’impact des fluorures
provenant de la fluoration sur l’environnement, plus spécialement
l'environnement aquatique, lequel est extrêmement sensible aux fluorures..
..........................................................................................................22
11. Les études
sur l’innocuité des fluosilicates sont absentes ou très déficientes, c’est un
produit recommandé sans homologation par Santé Canada. Une aberration!
............................................................................................................................24
12. L’approche
de précaution face à la fluoration pour des raisons de plausibilité d’effets
nuisibles pour la santé et pour l’environnement doit être adoptée jusqu’au jour
où des preuves claires des bénéfices et des effets nuisibles soient démontrées
................................................................29
13. Les questions
légales et éthiques n’ont pas été abordées dans le document Le fluorure dans l’eau potable au Canada
de Santé Canada .......................31
Conclusion
...................................................................................................................31
Introduction:
Le document intitulé Le fluorure dans l’eau potable au Canada -
document de consultation publique-, préparé par le Comité
fédéral-provincial-territorial sur l’eau potable (CEP),
http://www.hc-sc.gc.ca/ewh-semt/consult/_2009/fluoride-fluorure/index-fra.php
nous est présenté comme un document scientifiquement rigoureux, produit
par une équipe d’experts chevronnés, compétents et objectifs et qui ont tenu
compte de tous les aspects, toutes les implications sur la santé et sur son
applicabilité technologique et médicale, mais sans toutefois se pencher sur ses
implications sur l’environnement, sur l’éthique, sur la légalité et finalement,
sur l’applicabilité de cette mesure en prenant en compte ces dernières
composantes.
En tant que Canadiens et payeurs de taxes, nous aurions souhaité que
Santé Canada produise un document qui se fonde sur toute la littérature
scientifique disponible et qu’il en fasse une analyse rigoureuse, précise,
équilibré et à jour. Nous nous attendions
(puisque ce document stipule à la page 1 que « le Comité
fédéral-provincial-territorial sur l’eau potable (CEP) a évalué l’information
disponible») à ce que les membres du comité se soient réellement assurés de
s’appuyer sur toute la documentation actuellement disponible sur la fluoration
et qu’ils aient la compétence et la connaissance nécessaire pour faire les
recommandations adéquates sur la poursuite ou la cessation de cette mesure de
santé publique. Nous appuyons la
réponse complète et extrêmement bien documentée de Madame Carole Clinch,
coordinatrice de recherche pour People for Safe Drinking Water de l’Ontario,
qui démontre très clairement et preuves à l’appui que cette révision de Santé
Canada N’EST PAS le reflet juste et
fidèle de « toutes les études disponibles à ce jour» comme il est pourtant
stipulé, que les omissions sont nombreuses, que nombres d’assertions et de
prétentions sont sans fondement scientifique soutenable et que nombres
d’affirmations sont fausses ou trompeuses.
L’analyse que nous avons fait du document Le fluorure dans l’eau
potable au Canada, préparé par le Comité fédéral-provincial-territorial sur
l’eau potable (CEP) et de la sélection du Comité d’expert de Santé Canada, nous
a permis de faire les conclusion suivantes:
1.
Les champs d’expertise et de compétence des experts du Comité sont trop
limités pour produire un rapport scientifiquement crédible et valable:
Les membres du Comité fédéral-provincial-territorial sur
l’eau potable (CEP) n’avaient pas toute l’expertise et la compétence nécessaire
pour être en mesure de produire une analyse complète, sérieuse et crédible sur
la question de l’effet du fluorure sur la santé. Un tel comité aurait nécessité l’apport équilibré d’une équipe
multidisciplinaire beaucoup plus large comprenant des dentistes, des médecins,
des toxicologues, des néphrologues, des endocrinologues, des
neuro-toxicologues, des embryo-toxicologues, des cyto-toxicologues, des biochimistes, des pharmaciens, des
nutritionnistes, des environnementalistes, des statisticiens, des évaluateurs
de risques, des avocats en droit constitutionnel, etc., ayant une connaissance
reconnue dans le domaine des fluorures et de leur toxicité.
Le Dr. Philip Michael, vice-président européen de la
Société internationale des médecins pour l’environnement, soulève justement la
complexité de l’évaluation des effets possibles des fluorures sur la santé:
« Une bonne évaluation des risques associés aux
impacts physiologiques des fluorures exigerait le recours à une très ample
expertise en matière de fluorose (dentaire & squelettique), en toxicologie
développementale, en neuroscience (incluant les impacts sur le cerveau et
l’intelligence), en endocrinologie (incluant les effets sur les glandes pinéale
et thyroïde), en ostéopathologie (incluant le cancer des os), en néphrologie,
en gastro-entérologie, en immunologie, dans l'étude du système reproducteur et
du système respiratoire (incluant les allergies et hypersensibilités).» (Traduction)
Le Comité d’experts de Santé Canada était formé
uniquement de quatre dentistes (donc majoritaires), d’un pharmacien spécialisé
en toxicologie et d’un médecin toxicologue.
Il est impossible qu’un tel comité puisse produire un rapport sur un
enjeu aussi complexe que la fluoration de l’eau qui soit complet et
scientifiquement soutenable.
Comparativement, le Comité du Conseil national de la recherche des
États-Unis (2006) était formé de 12 membres, de plusieurs spécialités
différentes, qui ont pris plus de trois ans pour produire un rapport de plus de
500 pages, avec des restrictions sur le champs et sur la période de couverture
de l’analyse. Nous sommes très déçu de
la sélection des experts du Comité de Santé Canada relativement à leurs champs
d’expertises et à leurs compétences pour l’établissement d’un comité dont la
tâche était évaluer l’impact du fluorure sur la santé relativement aux normes
maximales d’exposition et à la fluoruration de l’eau potable. Que ce Comité soit ainsi formé de quatre dentistes
dont le champ de compétence professionnelle ne se limite qu’à la cavité buccale
et qu’ils détiennent la majorité au sein du comité est inacceptable et
scientifiquement insoutenable. Ceci
est, en soi, suffisant pour complètement discréditer les analyses et les
conclusions de ce rapport. Que Santé
Canada prétende que son comité d’experts a été en mesure d’évaluer cette mesure
d’une façon scientifique et objective est franchement une risée.
2.
L’expertise et la compétence des trois membres du Comité d’experts sont
fort discutables:
La sélection des membres du Comité d’experts par Santé
Canada est fort discutable. À notre
connaissance, trois des experts du Comité n’ont jamais publié d’études
scientifiques sur la question des fluorures dans une revue scientifique révisée
par des pairs. Ce sont les Dr Michel
Lévy, DDS, Robert Tardif, Ph.D. et pharmacien et Albert Nantel, MD. Nous ne mettons pas en doute la compétence
des Dr Tardif et Nantel comme toxicologues, mais leur expertise sur la question
de la toxicité fort complexe des fluorures n’est pas appuyée par des
publications scientifiques sur le sujet.
Que les Dr Tardif et Levy aient participé à la production du rapport Fluoration
de l’eau: analyse des bénéfices et des risques pour la santé, de l’Institut
national de la santé publique du Québec, en juin 2007, n’en fait pas des
experts, d’autant plus que ce rapport souffre des mêmes faiblesses que celui de
Santé Canada, en plus d’un nombre inquiétant de fausses prémisses. Deux des
coauteurs du document, les Dr Michel Lévy, DDS, et Christian Fortin, DDS, ont
affirmé publiquement qu’il y avait plus de 27000 études scientifiques qui
supportaient la fluoration, une information fausse et trompeuse que l’on trouve
même sur les sites de la toile de la Direction de la santé publique de
Montréal, illustrant explicitement, par cette très grave exagération, leur
incompétence et leur ignorance de la documentation scientifique sur les
fluorures. Nous avons documenté sur
vidéo une présentation publique du Dr Christian Fortin, DDS, coauteur de ce
document et dentiste responsable de la Direction de la santé publique de la
région Beauce-Appalache, une liste d’affirmations fausses ou trompeuses sur la
fluoration qui avaient pourtant reçues l’aval des autorités de la Direction de
la santé publique du Québec. En plus
des 27000 études scientifiques supportant la fluoration, le Dr Fortin soutenait
que 99% du fluorure absorbé est excrété, qu’il fallait 8000 verres d’eau pris
d’un seul coup avant d’atteindre le seuil d’intoxication, que le fluorure
ajouté à l’eau était de qualité pharmaceutique supérieure à celui de
l’industrie pharmaceutique, que la teneur en fluorure de l’eau potable
artificiellement fluorée était beaucoup plus élevé aux États-Unis qu’au Canada
et que par conséquent, l’ajout d’eau fluorée au lait maternisé ne présentait
aucun risque pour les bébés au Québec, que les cas de fluoroses dentaires sont
rares au Québec, etc. Ce genre
d’affirmation n’appartient pas uniquement au Dr Fortin mais circulent dans tout
le réseau des autorités de la santé publique du Québec. Ces points soulèvent des doutes sérieux sur
la compétence en matières de fluorure des autorités de la santé publique du
Québec. Quels étaient donc alors les
critères de sélection de Santé Canada pour le choix des experts du Comité? Pourquoi Santé Canada a-t-il choisi trois
professionnels qui n’ont pas une expertise démontrée dans le domaine des
fluorures?
3.
Le déséquilibre des champs de pratique des professionnels sélectionnés
ne peut que restreindre la vision globale de l’analyse et influencer les
conclusions:
Nous pouvons bien comprendre que la fluoration de
l’eau vise principalement à améliorer la santé dentaire. Toutefois, les inquiétudes soulevées face à
cette mesure sont davantage reliées aux répercussions des fluorures accumulés
sur les autres fonctions et organes de l’organisme et son impact sur
l’environnement. Pourquoi alors Santé Canada a-t-il fait la sélection de quatre
dentistes sur les six experts choisis pour constituer son comité d’experts,
sachant que ces professionnels n’ont pas la compétence professionnelle pour
évaluer les effets du fluorure à l’extérieur de la cavité buccale? Ce déséquilibre dans la sélection des
professionnels de champs différents de compétence est inadmissible sur le plan
scientifique, d’autant plus que la question de l’innocuité sur la santé de la
mesure est fondamentale. L’équilibre
minimal aurait exigé, au moins, un partage égal entre les dentistes et les
autres professionnels à l’intérieur du comité, voire même une bien plus grande
importance pour les professionnels à l’extérieur de la médecine dentaire.
Si comme le prétendent Santé Canada et les autorités
de santé publique des provinces, la fluoration est l’une des mesures de santé
publique les plus étudiées, pourquoi Santé Canada n’a-t-il pas trouvé
suffisamment d’experts canadiens pour combler son comité? Comment se fait-il qu’un seul des experts
canadiens choisi (le Dr Christopher Clark, DDS) ait publié des études dans des
revues scientifiques? Comment se
fait-il qu’il n’y ait seulement que deux professionnels d’une discipline autre
que la médecine dentaire dans le Comité?
Comment se fait-il que les deux seuls experts externes au Canada que
Santé Canada ait choisis pour son Comité soient aussi des dentistes? Santé Canada ne sait-il pas que les
dentistes n’ont ni la compétence professionnelle ni l’autorité pour évaluer les
effets potentiellement toxiques des fluorures à l’extérieur de la cavité
buccale?
Le déséquilibre dans la sélection des compétences professionnelles
du Comité d’experts discrédite l’objectivité de l’analyse et questionne
sérieuse les conclusions du document de Santé Canada.
4.
Le manque d’objectivité des experts choisis pour constituer le Comité
soulève de sérieuses inquiétudes sur la validité de l’analyse des données et
des conclusions qui en découlent:
Pour qu’un document d’analyse soit crédible, il est
important que non seulement l’objectivité mais aussi l’apparence d’objectivité
soient au rendez-vous, particulièrement lorsqu’il sert à l’élaboration d’un
politique d’un organisme de santé publique comme Santé Canada. Si dans sa sélection des membres du comité,
Santé Canada opte pour des professionnels connus pour défendre la fluoration,
cette sélection doit être compensée par des membres défendant la position
inverse ou tout au moins, par des personnes connues pour leur neutralité. Le Conseil national de la recherche des
États-Unis (NRC) a été en mesure de constituer un comité d’experts relativement
bien équilibré afin de réviser la norme maximale de fluorure dans l’eau potable
aux États-Unis, en 2006. Pourquoi Santé
Canada n’a-t-il pas alors été en mesure de créer un comité équilibré de
scientifiques tenants et opposants à la fluoration? Santé Canada avait-il intérêt à créer un comité seulement
favorable à la fluoration? L’intégrité
et l’objectivité de Santé Canada sont donc sérieusement remises en question
dans ce document.
Le Dr Christopher Clark, DDS, de l’University of
British Columbia, le Dr Stephan Levy, DDS, de l’Iowa College of Dentistry, le
Dr Jayanth Kumar, DDS, du New York State Department of Health et le Dr Michel
Lévy, DDS, de l’Institut National de Santé Publique du Québec, sont tous connus
pour être d’âpres défenseurs de la fluoration de l’eau. Le Dr Robert Tardif, Ph.D., de l’Université
de Montréal, a été l’un des coauteurs du rapport de l’Institut national de la
santé du Québec, Fluoration de l’eau: analyse des bénéfices et des risques
pour la santé, et le Dr Albert Natel, MD, est conseiller à l’Institut
national de santé publique. Par
conséquent, on doit en conclure qu’ils appuient tous la fluoration. Santé Canada a donc lamentablement échoué à
son devoir intrinsèque de justice et d’objectivité de créer un comité impartial
pour l’évaluation de la fluoration.
Quand au moins trois des membres du Comité d’experts
sont des employés d’organismes gouvernementaux et qu’ils sont par conséquent
tenus de refléter la politique de ces organismes face à la fluoration, ceci les
place pour ainsi dire dans une situation de conflits d’intérêts et cela est de
nature à biaiser les conclusions du document.
Quand deux autres chercheurs reçoivent d’importantes subventions de
recherches de l’État, ceci signifie que cinq membres du dit Comité sur six sont
dans une situation de dépendance, soit devant leur employeur, soit devant leur
bailleur de fonds. L’influence qu’ils exercent sur un tel comité, ne fusse que
par leur majorité évidente, ne peut pas être négligeable. Quant à leur objectivité, il y a pour le
moins une apparence de conflit d’intérêts et ceci est problématique pour la
crédibilité du rapport.
5.
L’analyse du document Le fluorure dans l’eau potable au Canada
révèle que le comité a recours à deux poids deux mesures dans l’évaluation et
la critique des études sur l’efficacité ou la toxicité des fluorures, c’est
donc dire un sérieux problème d’objectivité:
Le comité accepte sans grande rigueur scientifique les
études qui sont favorables à la fluoration, même si d’importantes lacunes comme
le manque de contrôle des facteurs parasites, l’absence d’usage du double
aveugle ou du croisement des groupes expérimentaux, entachent la plupart de ces
études, alors que ces critiques sont appliquées rigoureusement aux études
défavorables. Ce n’est pas un problème
nouveau, la révision de l’Université York a même souligné dans sa conclusion
(voir citation ci-après) la très faible quantité d’études de qualité sur la
fluoration, particulièrement en ce qui touche à l’efficacité de la mesure. En 2000, ses auteurs n’ont retenu que 22
études relatives à son efficacité, parce qu’il n’y en avait pas plus
d’acceptables. Depuis ce temps, le nombre d’études ne s’est guère accru.
« Étant donné le niveau d'intérêt entourant la
question de la fluoration de l'eau potable, il est surprenant de découvrir que
si peu d'études de haute qualité aient été menées. Par conséquent, cette
révision devrait fournir aux chercheurs et aux commissionnaires de la recherche
un aperçu des limites méthodologiques de la recherche antérieure.» (traduction)
Le document de Santé Canada ne tient pas compte des
critiques du rapport de York, qui soulèvent des doutes sérieux sur la qualité
de toutes les études qui soutiennent l’efficacité de la fluoration; le document
de Santé Canada persiste à considérer ces études douteuses comme
indiscutables. Jamais il ne questionne
le dogme de l’efficacité de la fluoration malgré le rapport York et malgré que
les observations évidentes et révélatrices d’un de ses propres experts
démontrent l’absence d’efficacité significative de la fluoration de l’eau (Hong
et coll. 2005). Santé Canada est prêt à
accepter l’efficacité de la fluoration malgré la faiblesse évidente de la
preuve, mais exige une preuve blindée pour tout effet néfaste. Le recours à une analyse de la documentation
scientifique qui relève de deux poids deux mesures dans un document
d’évaluation d’une politique gouvernementale sanitaire est scientifiquement
inacceptable et jette le discrédit sur Santé Canada.
Hong,
I., Levy, S. M., Warren, J.et B. Broffitt. «Dental caries and fluorosis in
relation to water fluoride levels» AADR 35th Annual Meeting in Orlando:
Abstract # 0153, avril, 2005http://snipurl.com/n8hg
Santé Canada exige aussi un grand nombre d’études qui
démontrent un effet toxique du fluorure avant d’en tenir compte, mais s’appuie
sur une seule et unique étude pour
déterminer la teneur idéale en fluorure pour prévenir la carie dentaire et sans
provoquer une incidence trop élevée de la fluorose dentaire (celle de Heller
Heller et coll., 1997). Il s’appuie sur
une seule étude, alors que
l’évaluation du nombre de caries et le diagnostic de la fluorose dentaire ne
sont pas une science exacte et que la marge d’erreurs dans le diagnostic de
l’un ou de l’autre pourrait approcher les 50 % (Fracaro et coll. et Hirasuna et
coll.). Cette étude ne tient d’ailleurs
aucunement compte des facteurs parasites pourtant importants. Santé Canada ne trouve pas que les études
sur l’effet néfaste de la fluoration sur la fluorose dentaire sont suffisamment
nombreuses au Canada pour déconseiller la fluoration de l’eau, mais une unique étude est suffisante pour fixer
la teneur en fluorure dans l’eau.
« Le fondement scientifique du choix de cette valeur
repose sur une étude de Heller (1997), qui conclut que, dans les conditions
d’exposition actuelles, la concentration de fluorure dans l’eau potable de 0,7
mg/L représente un compromis satisfaisant entre le risque de fluorose dentaire
et la protection contre la carie dentaire.» Santé Canada, Le fluorure dans
l’eau potable au Canada, page 70.
« Les données canadiennes sur la prévalence de la
fluorose dentaire dans la population sont rares et difficiles à compiler, car
les examinateurs n’utilisent pas souvent une définition commune et une approche
normalisée pour évaluer les niveaux de fluorose dentaire» Santé Canada, Le
fluorure dans l’eau potable au Canada, page 62.
Relativement aux diagnostics imprécis de la carie et
de la fluorose, voir:
Fracaro,
M.S., Seow, W.K., McAllan, L.H., et D.M. Purdie. « The sensitivity and
specificity of clinical assessment compared with bitewing radiography for
detection of occlusal dentin caries. .» dans Pediatr Dent., vol. 23, no 3, 2001, p. 204 à 210.
Hirasuna,
K., Fried, D. et C.L. Darling. « Near-infrared imaging of developmental defects
in dental enamel.» dans J Biomed Opt.
vol.13, no 4, 2008, p. 044011.
L’étude scientifique très récemment publiée et très
vaste de Warren et coll. (2008), dont l’un des auteurs est membre du comité de
révision de Santé Canada 2009 (qu’il a étrangement évité de citer), démontre
clairement que la plage d’apport en fluorure qui serait efficace pour réduire
la carie dentaire est sensiblement celle qui justement cause la fluorose
dentaire. La dose efficace est aussi la
dose toxique. Il n’y a donc pas de
concentration « optimale» dans l’eau potable qui permettrait un heureux
compromis. Il est donc scientifiquement
frauduleux et moralement indécent de prétendre à un heureux compromis.
Warren, J.J., Levy, S.M., Broffitt, B., Cavanaugh,
J.E., Kanellis, M.J. et K. Weber-Gasparoni. « Considerations
on Optimal Fluoride Intake Using Dental Fluorosis and Dental Caries Outcomes -
A Longitudinal Study.» dans J Public Health Dent. 21 Nov. 2008.
Pourquoi Santé Canada retient-il l’étude de Heller
1997 (dépassée) et ne retient pas l’étude de Warren et coll. de 2008 (récente),
que l’on omet de citer et d’analyser, malgré qu’un de ses experts y ait
contribué? Voilà un autre exemple de
deux poids deux mesures, d’omission inexplicable et de lacune scientifique.
6.
Le document de révision sur le fluorure de Santé Canada ne respecte pas
la méthode scientifique élémentaire.
Le monde scientifique s’attend normalement d’une
révision scientifique (surtout d’un ministère de la santé) qu’elle respecte les
procédures scientifiques élémentaires, en expliquant comment on a évalué chaque
étude considérée, selon le mérite. Normalement, on doit fournir des
explications claires et précises sur les motifs de sélection ou de rejet d’une
étude. Les mêmes règles et les mêmes
normes doivent s’appliquer pour la sélection ou le rejet de toutes les études.
Or, la révision de Santé Canada, contrairement à la Révision de l’Université
York (2000) et au rapport du Conseil national de la recherche des Etats-Unis
(NCR, 2006), ne fournit aucune explication sur ses procédures de sélection ou
de rejet des études tirées de la littérature scientifique, ni sur les
motifs de sélection ou de rejet des études évaluées, ni sur les très
nombreuses omissions. Nous faisons face à une méthode scientifique déficiente
et à un travail bâclé... ou biaisé. Il
n’aurait pas été difficile pour le Comité d’experts de s’inspirer de la
méthodologie et des procédures de l’Université York ou du NCR. Ce faisant, ils auraient aussi bien pu en
profiter pour s’inspirer de leurs analyse et de leurs conclusions.
Nous avons remarqué, et ceci nous a profondément
choqué, que plusieurs assertions dans le documents n’étaient appuyées par
aucune donnée probante issue de la recherche scientifique, assertions pourtant
parfois soutenues dogmatiquement. Par
exemple, on affirme dans ce document que: (les accentuations de nous)
Selon Clark (2006), il est difficile d’être certain des tendances actuelles
de la prévalence de la fluorose en se basant sur les données existantes, mais les niveaux de fluorose dentaire dans la population
canadienne semblent à la baisse, ce qui peut être relié ou non aux
recommandations des années 90 portant sur l’usage de fluorures. Santé Canada, Le fluorure dans l’eau potable au Canada, (page
62)
Comme on l’avait aussi affirmé dans le rapport de ce
même groupe d’experts, dans Observations et recommandations du groupe
d’experts sur le fluorure (janvier 2007):
« De plus, la
prévalence actuelle de la fluorose dentaire modérée est faible au Canada, et
tout porte à croire que depuis 1996, la fluorose
dentaire est en baisse au pays.» (page 7)
Puis, on y affirme exactement le contraire dans le
même document de 2009:
« Depuis 55 ans, dans les régions où l’on ajoute du
fluorure à l’eau potable pour en porter la concentration totale à environ 1
mg/L (région où la fluoruration est optimale), la prévalence totale de la
fluorose dentaire a augmenté. En outre, dans les régions où l’eau n’est pas
fluorurée, les données démontrent clairement que la prévalence totale de la fluorose dentaire a augmenté depuis 40
ans (Clark, 2006).»Santé Canada, Le fluorure dans l’eau potable au Canada,
(page 61)
« Ces experts de la dentisterie préventive ont reconnu que la prévalence de la fluorose
dentaire était à la hausse (Clark, 2006).» Santé Canada, Le fluorure
dans l’eau potable au Canada, (page 60)
« Les données canadiennes sur la prévalence de la
fluorose dentaire dans la population sont rares et difficiles à compiler, car
les examinateurs n’utilisent pas souvent une définition commune et une approche
normalisée pour évaluer les niveaux de fluorose dentaire. Les données récentes sur la fluorose
provenant de toutes les régions du Canada démontrent que la prévalence de la
fluorose dans certaines régions du Canada est plus faible que la valeur à
l’origine des initiatives lancées en 1994 et 1998 pour la révision des
recommandations en vigueur sur le fluorure (Clark, 2006). La prévalence de tous les niveaux de fluorose dentaire semble très
faible dans la plupart des régions de l’est du Canada, y compris l’Ontario
(entre 3 % et 28 %). Dans l’ouest du Canada, par contre, elle semble plus élevée. Des données indiquent que dans certains
cas – dans la région de Niagara, par exemple – la prévalence a augmenté de façon spectaculaire entre 1994 et 1998.
À Kamloops (Colombie-Britannique), il n’y a toutefois eu aucun changement
apparent de la prévalence de 1993–1994 à 2004. Après qu’on ait mis fin à la
fluoruration à Comox, Courtenay et Campbell River (Colombie-Britannique), la
prévalence de la fluorose a diminué considérablement. Il convient de signaler
que la diminution a été attribuée au changement de l’utilisation de pâte
dentifrice au fluorure et de suppléments de fluorure, en plus de l’arrêt de la
fluoruration de l’eau communautaire (Clark, 2006).» Santé Canada, Le
fluorure dans l’eau potable au Canada, (page 62)
« Selon le rapport de la synthèse de York (McDonagh et
al., 2000), la fluorose dentaire représente l’effet néfaste de la fluoruration de l’eau qu’on étudie le plus largement
et le plus souvent. On a déterminé par analyse de régression l’existence d’un
lien dose-réponse important. On a estimé à 48
% (IC à 95 % = 40 à 57 %) la prévalence de la fluorose dentaire à une
concentration de fluorure dans l’eau de 1,0 mg/L. Dans le cas de la fluorose qui préoccupe sur le plan esthétique
(défini dans le rapport comme un score de Dean léger ou pire), on a prédit
qu’il serait de 12,5 % (IC à 95 % =
7,0 à 21,5 %). Santé Canada, Le fluorure dans l’eau potable au Canada,
(page 62)
« La prévalence de la fluorose dentaire s’est établie
à 13,5 %, 21,7 %, 29,9 % et 41,4 % chez les enfants qui buvaient de l’eau
potable dont la concentration en fluorure était de <0,3, 0,3 à <0,7, 0,7
à 1,2 et >1,2 mg/L respectivement.» (Heller et coll., 1997) (Santé Canada, Le
fluorure dans l’eau potable au Canada, page 61)
Comme les auteurs du documents l’admettent en
écrivant: « Les données canadiennes sur la prévalence de la fluorose dentaire
dans la population sont rares et
difficiles à compiler, car les examinateurs n’utilisent pas souvent une
définition commune et une approche normalisée pour évaluer les niveaux de
fluorose dentaire.», il devrait être difficile de pouvoir véritablement établir
l’incidence exacte de la fluorose dentaire au Canada, puisque les études sont
rares et que les examinateurs n’ont pas une définition commune. Sans une quantité suffisante d’études,
couvrant des segments suffisamment vastes de la population, et sans une
définition commune, toute conclusion sur la baisse ou sur l’augmentation de
l’incidence de la fluoration serait donc purement hypothétique et
aléatoire. Sans ces données
fondamentales, les auteurs du document ne peuvent absolument pas être en mesure
d’évaluer la tendance de l’incidence de la fluorose. Dans ces conditions, toutes les affirmations relatives à la
baisse ou à la hausse de l’incidence de la fluorose dentaire au Canada ne
peuvent qu’être spéculatives. Faire de
la spéculation n’est pas de nature bien scientifique.
La réduction relativement récente des normes sur la
teneur en fluorure dans l’eau potable au Québec et en Ontario pourrait avoir
une influence sur l’incidence et la gravité de la fluorose dentaire. Toutefois, cette réduction sera insuffisante
pour enrayer ce mal, car elle est compensée par la multiplication toujours plus
grande des sources d’exposition. Aussi,
plus il y aura de municipalités canadiennes et américaines qui auront recours à
la fluoration de leur eau potable, plus il y aura d’aliments commercialement
préparés qui verront leur contenu en fluorure s’accroître. Plus l’apport en fluorure de la population
augmentera et plus l’incidence et la gravité de la fluorose dentaire
s’accentuera.
Santé Canada affirme que la fluorose dentaire est « un effet néfaste», mais que ce n’est
pas un « effet toxicologique». Comment expliquer qu’une perturbation dans
le processus biochimique et physiologique de la production de l’émail de la
dent, provoqué par l’effet toxique du fluorure, ne soit pas un phénomène
toxicologique et pathologique? Il existe
une assez grande quantité d’études qui analysent les mécanismes et les
perturbations biochimiques et physiologiques qui ont cours dans le processus du
développement de la fluorose dentaire; ces études ont été complètement évacuées
dans ce rapport. Si une telle analyse
avait été effectuée, il aurait été difficile d’affirmer que la fluorose
dentaire n’est pas un processus toxicologique et pathologique. Pourtant, la
fluorose dentaire modérée est considérée comme un effet néfaste de la
fluoration (NCR 2006). Un lésion précancéreuse est-elle considérée comme un
état normal tant qu’elle ne nuit pas à la fonction d’un organe? Est-elle
considérée comme un état pathologique parce qu’elle a causé un dommage sur les
gènes? Dans le fluorose, il y a eu bel
et bien un dommage causé dans la structure des cristaux de l’émail de la dent.
Encore ici, le document de Santé Canada ne respecte pas la méthodologie
scientifique qui nécessiterait de faire une analyse expliquant sa position, en
motivant scientifiquement sa position et ses omissions.
« La fluorose dentaire modérée a été choisie en guise
d’effet critique relativement au fluorure. Il ne s’agit pas d’un effet
toxicologique, car il n’est pas d’ordre sanitaire, mais il est néanmoins
important de par sa corrélation avec des problèmes esthétiques. De tous les
effets néfastes, c’est celui qui survient au niveau d’exposition le plus bas
dans la population. C’est aussi l’effet du fluorure qui est le plus largement
et le plus fréquemment étudié.» Les formes légères et très légères de fluorose
dentaire ne sont toutefois pas considérées comme des effets néfastes, que ce
soit sur le plan de la santé ou sur le plan esthétique. Santé Canada a calculé
une valeur basée sur la santé de 0,9 mg/L de fluorure dans l’eau potable, et on
juge que cette valeur assure une protection contre tous les effets néfastes
potentiels du fluorure. Santé Canada, Le fluorure dans l’eau potable au
Canada, (Page 71)
Il est contradictoire de dire que la fluorose dentaire
est l’effet néfaste le plus étudié du fluorure et qu’on juge que 0,9 mg/L de
fluorure dans l’eau potable assure une protection contre tous les effets
néfastes potentiels du fluorure, alors qu’il causera 29,9 % d’incidence de
fluorose dentaire, un effet néfaste.
C’est un double langage inacceptable.
« Selon les auteurs, un compromis convenable entre les
caries et la fluorose semble s’établir à 0,7 mg/L F. À cette concentration,
l’expérience de caries et la gravité de la fluorose semblent aussi faibles ou
plus faibles que celles que l’on constate à 1,0 mg/L. Les auteurs ont aussi
remarqué qu’on établissait un lien entre l’usage de supplément de fluorure et
une augmentation de la fluorose dentaire.»(Le risque est accru alors que le
supplément est pourtant pris à la dose recommandée et lorsque l’enfant n’est
pas exposé à la fluoration de l’eau.) Santé Canada, Le fluorure dans l’eau
potable au Canada,
La question qui tue: la fluorose dentaire fait-il
partie d’une bonne santé dentaire? Le
document de Santé Canada nous laisse croire que la fluorose dentaire fait
partie d’une bonne santé bucco-dentaire.
Une telle affirmation n’est pas soutenue par des études scientifiques
probantes. La fluorose dentaire n’est
pas un état normal de l’émail ni une condition recherchée. Des fortes taches blanches de fluorose sur
les incisives affectent psychologiquement bien des jeunes et elles sont loin
d’être désirables. Il y a dans les
affirmations tirées du document des contradictions flagrantes.
« La
consommation d’eau potable renfermant 0,7 mg/L de fluorure, en plus de l’apport
quotidien moyen en fluorure provenant d’autres sources auxquelles les
consommateurs canadiens sont couramment exposés, devrait favoriser la bonne santé bucco-dentaire des personnes de tous les
groupes d’âge.» Santé Canada, Le fluorure dans l’eau potable au Canada,
(page 70)
«... la concentration de fluorure dans l’eau potable
de 0,7 mg/L représente un compromis satisfaisant entre le risque de fluorose
dentaire et la protection contre la carie dentaire.» Santé Canada, Le
fluorure dans l’eau potable au Canada, (page 66)
Dans son document, Clark ne prouve pas, mais suppose
que « la diminution a été attribuée au changement de l’utilisation de pâte
dentifrice au fluorure et de suppléments de fluorure, en plus de l’arrêt de la
fluoruration de l’eau communautaire.»
On devrait alors supposer que les dentistes et pédiatres de Comox,
Courtenay et Campbell River (Colombie-Britannique) sont tous d’une grave
incompétence de prescrire des suppléments de fluorure pour les enfants
demeurant dans ces villes fluorées, alors que tous savent qu’ils ne doivent pas
en prescrire et qu’ils ne le font pas, sinon comment les suppléments ont-ils pu
contribuer au taux initialement élevé de la fluorose dentaire dans ces
municipalités? Une telle hypothèse ne tient
pas et le rapport de Santé Canada aurait dû être plus critique. Quant à l’impact des changements de
l’utilisation de la pâte dentifrice, cela serait à vérifier car peu de parents
sont au courant des changements dans les recommandations sur leur utilisation;
très peu de parents surveillent comme il se doit leurs jeunes enfants
lorsqu’ils se brossent les dents et il n’y a pas encore au Canada de
dentifrices avec concentration réduite en fluorure et normalisée pour enfants. Comme rien ne prouve clairement que
l’incidence de la fluorose dentaire baisse ailleurs au Canada où les mêmes
changements s’appliquent sur leur utilisation, nous devrions conclure que la
principale cause de la réduction de l’incidence de la fluorose dentaire est la
cessation de la fluoration, la source la plus constante et la plus importante
de fluorure. La conclusion de Clark est
donc sans fondement soutenable et pourtant, le document de Santé Canada le
présente comme fondamentalement vrai.
Si les règles claires d’une méthodologie scientifique avaient été
appliquées, de telles assertions sans fondement ne
seraient pas dans le rapport.
« Après qu’on ait mis fin à la fluoruration à Comox,
Courtenay et Campbell River (Colombie-Britannique), la prévalence de la
fluorose a diminué considérablement. Il convient de signaler que la diminution a été attribuée au changement de
l’utilisation de pâte dentifrice au fluorure et de suppléments de fluorure,
en plus de l’arrêt de la fluoruration de l’eau communautaire (Clark, 2006).»
Santé Canada, Le fluorure dans l’eau potable au Canada, (page 62)
Santé Canada accepte comme irréfutables les
conclusions d’un projet d’une étude éventuelle non encore publiée par le Dr
Douglas, cela malgré que plusieurs années se soient écoulées depuis cette promesse,
et rejette l’étude publiée et révisée par des pairs du Dr Bassin et coll.,
2006. Pourtant, la lettre de Douglass et de Joshipura (2006), tant qu’ils
ne fournissent la preuve de leurs assertions, doit demeurer une simple
opinion. Accepter une simple opinion va
à l’encontre des règles d’une méthodologie scientifique selon lesquelles seul
les faits établis doivent être retenus.
Il est permis de soulever un doute et la prudence est de mise, mais le
fait établi doit avoir préséance sur l’hypothétique. Un fait établi devrait nécessairement influencer toute décision
stratégique, surtout quand les risques sont graves (augmentation des risques
d’ostéosarcome) et que l’efficacité de la mesure est plus que douteuse (très
peu ou pas de réduction de l’incidence de la carie). Si l’on suit le principe de précaution, l’application de la
précaution s’applique davantage à réduire les risques pour la santé que de
gagner un quelconque avantage incertain de réduction de la carie.
« Douglass (directeur de thèse de Bassin) et Joshipura
(2006) ont publié une lettre à la rédaction afin de prévenir les lecteurs de ne
pas généraliser ou surinterpréter les résultats de la communication de Bassin
et al. (2006) et d’attendre la publication des résultats de l’étude complète
avant de tirer des conclusions, particulièrement avant d’essayer d’influencer
toute décision stratégique connexe. Santé Canada, Le fluorure dans l’eau
potable au Canada, (page 37)
Le manque d’objectivité de Santé Canada est
inacceptable.
7.
Santé Canada ne semble pas comprendre la différence entre une
concentration et une dose quotidienne.
Les auteurs du
document Le fluorure dans l’eau potable au Canada ne semblent pas
connaître la différence entre une concentration et une dose quotidienne, ce qui
est étonnant pour un panel de scientifiques. Presque tout au long du document
et dans l’argumentation, les auteurs abordent la concentration optimale du
fluorure dans l’eau alors que la dose en milligramme/kilogramme de p.c./jour
aurait due être au centre du débat.
Depuis le début de la fluoration de l’eau, au Canada comme aux Etats-Unis, la concentration du fluorure dans l’eau a été au centre du débat, alors que l’efficacité (si elle existe) et la toxicité aiguë ou chronique du fluorure est essentiellement une question de dose totale absorbée par l’individu. Il est impossible de contrôler l’apport en fluorure chez tous les individus d’une société, même si les techniciens de l’eau peuvent contrôler la concentration du fluorure dans l’eau, premièrement parce qu’il est impossible de contrôler les variations de la consommation de l’eau des individus, deuxièmement parce que de multiples autres sources de fluorures, parfois importantes, viennent s’ajouter à l’apport de l’eau (boissons, nourriture, sel (200 ppm), dentifrices, produits d’hygiène, traitements aux fluorures, suppléments aux/avec fluorures, amalgames et composites, insecticides, air, plus de 300 médicaments) ceci sans que personne n’exerce un véritable contrôle. Comme la toxicité des fluorures est directement reliée à la dose et qu’aucun contrôle n’est exercée, certains individus consomment jusqu’à 10 fois plus de fluorure en moyenne que d’autres en buvant de l’eau seulement, certains individus consommeront une dose toxique. Une telle situation est scientifiquement aberrante. Le dose aura un effet différent, selon l’âge, le poids et la condition médicale de l’individu. Nous savons que la dose varie considérablement (voir le révision du NRC 2006, tableau 2-4) et que selon ce tableau, certains groupes d’individus sont à risque probant de dépasser la marge sécuritaire seulement en calculant le fluorure provenant de l’eau.
Le U.S. CDC a fixé à 0,06 milligramme de
fluorure/kilogramme de p.c./jour le seuil de la marge de sécurité, l’American Dental
Association à 0,07 mg, idem comme l’Association dentaire canadienne, alors que
Warren et coll. (2008) affirme que 0,05 mg serait la limite pour éviter la
fluorose dentaire, quoique 0,10 mg serait sans doute nécessaire pour causer la
fluorose modérée. Maintenant, la
question est de savoir quelle est la tolérance du public aux effets néfastes du
fluorure. La population est-elle prête
à accepter la fluorose légère assez disgracieuse comme un effet néfaste
acceptable du fluorure? Ce n’est pas certain.
Warren, J.J., Levy, S.M., Broffitt, B., Cavanaugh,
J.E., Kanellis, M.J. et K. Weber-Gasparoni. «
Considerations on Optimal Fluoride Intake Using Dental Fluorosis and Dental
Caries Outcomes - A Longitudinal Study.» dans J Public Health Dent. 21 Nov.
2008.
Dans
une analyse présentée au Water Quality and Operations Committee Metropolitan
Water District Los Angeles, California,
le 20 août 2007 par Madame
Kathleen M. Thiessen, Ph.D. du SENES Oak Ridge, Inc. Center for Risk Analysis et aussi une
des membres du comité de recherche du National Research Council, on a évalué la
consommation de fluorure des jeunes bébés, provenant uniquement de l’eau
fluorée à 0,8 ppm (sensiblement la même concentration qu’au Québec). L’apport en fluorure s’échelonnait de 0,024 mg/kg/jour
à 0,15 mg/kg/jour et, exceptionnellement dans certains cas, jusqu’à 0,21
mg. Les données de la présentation du
Dr Thiessen ont été en partie extraites du chapitre II du rapport du Nation
Research Council (2006), chapitre dont elle est le principal auteur. 0,15 mg/kg/jour est plus du double du seuil
de sécurité fixé par l’EPA. Cette
donnée a amené l’American Dental Association à publier un «Egram», en novembre
2006, pour informer ses membres qu’il faut désormais recommander aux parents de
ne plus préparer le lait maternisé avec de l’eau fluorée, en raison d’un risque
trop élevé de fluorose dentaire chez les bébés1. La Direction de la
santé publique du Québec a aussi émis cet avertissement, mais seulement sur son
site web2. C’est donc
sérieux! Selon le Dr Thiessen, environ
30 % des jeunes bébés qui boivent du lait maternisé reconstitué avec de l’eau
fluorée dépassent le seuil de sécurité et risquent l’intoxication, qui se
traduit par la fluorose dentaire, ceci uniquement en consommant l’eau fluorée
et sans tenir compte de l’apport alimentaire en fluorure ou des autres
sources. Le seuil de 0,06 mg/kg/jour
est un seuil conservateur et selon le Dr Thiessen, il devrait être sensiblement
réduit pour être protecteur de la santé de toute la population,
particulièrement celle des enfants.
Les enfants ne sont pas les seuls individus à risque
avec la fluoration. Pour un individu de
68 kg (environ 150 lb), le seuil de 0,06 mg/kg/jour équivaut à environ 4,0 mg
comme apport total quotidien. Les gros consommateurs d’eau (les athlètes, les
soldats, les travailleurs, les diabétiques, les mères qui allaitent) boivent
jusqu’à 12 litres d’eau par jour. Voici
un tableau de l’apport en fluorure de l’eau et de l’alimentation qui fait le
calcul jusqu’à 12 litres, en tenant compte d’une concentration à 0,7 ppm. Notez que le calcul de l’apport alimentaire
est conservateur en le situant entre 1 et 3 mg par jour pour un individu de 68
kg.
Quantité apport de l’eau apport
alimentaire apport alimentaire
minimal
+ l’eau maximal + l’eau
1 l 0,7 mg 1,7 mg 3,7 mg
2 l 1,4 mg 2,4 mg 4,4 mg
3 l 2,1 mg 3,1 mg 5,1 mg
4 l 2,8 mg 3,8 mg 5,8 mg
5 l 3,5
mg 4,5 mg 6,5 mg
6 l 4,2 mg 5,2
mg 7,2 mg
7 l 4,9 mg 5,9
mg 7,9 mg
8 l 5,6 mg 6,9
mg 8,9 mg
9 l 6,3 mg 7,3
mg 9,3 mg
10 l 7,0 mg 8,0
mg 10,0 mg
11 l 7,7 mg 8,7
mg 10,7 mg
12 l 8,4 mg 9,4
mg 11,4 mg
Soulignement en gras indique le dépassement du seuil de sécurité selon
l’EPA
Une analyse simple nous permet de conclure que toute
personne de 68 kg (un poids moyen) qui consomme deux litres (2) est à risque de
dépasser le seuil de sécurité de l’EPA de 0,06 mg/kg/jour et s’il boit cinq
litres (5), il est évident qu’elle dépasse le seuil de sécurité à moins de
jeûner 365 jours par année. À 6 litres,
le seuil de toxicité de l’EPA est clairement dépassé. Le seuil de toxicité de l’EPA a été établi pour la prévention de
la fluorose osseuse utilisée comme indicateur de toxicité. Toutefois le seuil sécuritaire calculé par
Mme Thiessen pour éviter la fluorose modérée serait de 0,02 mg/kg/jour. La fluorose dentaire modérée a été reconnue
comme un symptôme d’intoxication par les auteurs du rapport du National
Research Council.
L’efficacité du fluorure vs la concentration dans l’eau
Jusqu’où peut-on réduire le taux de fluorure pour
permettre à la fluoration d’être encore efficace? Le Centers for Disease Control affirme que le principal mode
d’action du fluorure est topique et que la concentration du fluorure dans l’eau
fluorée est trop basse pour avoir une action topique. Ceci revient à dire que l’eau fluorée ne peut avoir de véritables
effets anticariogènes. Même si la
logique ne tient guère de place ici, le CDC affirme aussi que «les études ont
démontré qu’un abaissement de 0,2 mg/l sous la concentration optimale en
fluorure peut réduire significativement les bénéfices dentaires.»2 D’après les estimés du CDC, la concentration
optimale efficace en fluorure devrait être de 1,2 ppm pour le Québec alors qu’elle
a été abaissé à 0,7 ppm. 0,7 ppm, c’est
près de 50 % moins que la concentration optimale, soit deux fois et demi un
abaissement de 0,2 ppm. Si d’après
l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la fluoration ne réduit la carie
dentaire que de 15 % et que tout abaissement de 0,2 mg/l réduit sensiblement
son efficacité, quel bénéfice la fluoration à 0,7 ppm peut-elle véritablement
apporter? Pas étonnant qu’aucune étude
n’a encore été publiée qui démontrerait une efficacité des fluosilicates contre
la carie à la concentration de 0,7 ppm pour un climat froid. La décision de ramener à 0,7 ppm le taux
optimal au Québec en 2002 et de proposer cette même concentration par Santé
Canada en 2007 repose uniquement sur l’extrapolation hypothétique d’Eklund et
Striffler et des données discutables d’une seules études de Heller et coll.
(1997). L’analyse des données de Dean effectuée par d’Eklund et Striffler, en
1980, n’a aucune valeur scientifique.
En fait, ils reprennent simplement les vieilles données des années
quarante que Dean avait soigneusement sélectionné pour étayer sa théorie de
l’efficacité des fluorures à réduire la carie dentaire, en évitant de choisir
les nombreuses autres données qu’il avait recueillies et qui n’appuyaient pas
sa thèse. Or, aucune corrélation entre
l’incidence de la carie dentaire et la concentration en fluorure de l’eau ne
peut se dégager de toutes ces autres données et une sélection différente aurait pu tout aussi bien prouver exactement
le contraire. Il est inimaginable que
la nouvelle concentration de 0,7 ppm maintenant recommandée par Santé Canada
puisse s’appuyer sur un rapport d’experts qui ont eu uniquement recours à
l’extrapolation hypothétique d’Eklund et Striffler et d’une seule étude pour
l’établissement de cette norme. Cette
nouvelle norme de la concentration optimale en fluorure de 0,7 ppm de l’eau ne
relève que d’une unique étude quant à son efficacité.
1- American Dental Association, EGram :Interim
Guidance on Reconstituted Infant Formula, le 9 novembre, 2006: voir aussi Infants, Formulas Fluoride (www.ADA.org)
2-
voir à : http://www.santepub-mtl.qc.ca/fluoration/nouvelle.htlm
3- CDC
Fluoridation Course 3017-G, p. 8, para. 3
4-Findings
and Recommendations of the Fluoride Expert Panel (January 2007). Le comité
d’expert était constitué des membres suivant : le Dr Steven M. Levy, DDS, de
l’Iowa College of Dentistry, le Dr
Christopher Clark, DDS, de l’Université de Colombie Britannique, le Dr
Robert Tardif, Ph.D en santé publique, de l’Université de Montréal, le Dr
Michel Levy, DDS, de l’Institut
National de Santé Publique du Québec, le Dr
Jayanth Kumar, du New York State Department of Health et le Dr Albert Nantel, Institut National de Santé
Publique du Québec. Voir à :
file:///H:/rapport%20du%20Gouvernement%20F%C3%A9d%C3%A9rale%20Health%20Canada.htm
Nous sommes en complet désaccord avec les concepts de
toxicité du fluorure de Santé Canada.
Quand la fluoration a été présentée aux députés des diverses provinces,
les tenants de la fluoration ont promis que la fluoration réduirait la carie
dentaire de 60% et que la fluorose dentaire ne serait même pas un risque. (Voir
Dossier technique sur la fluoration, 1974, Ministère des affaires sociales
du Québec)
« 1- Nous connaissons exactement la teneur idéale en
fluorure de l’eau permettant l’effet de protection contre la carie sans avoir à
redouter la présence de fluorose» (page 16)
« Pour le Québec, la teneur idéale en fluorures a été
fixée à 1,2 ppm (partie par million) ou 1,2 milligrammes de fluorures par litre
d’eau. Grâce à la fluoration contrôlée
de l’eau on peut réduire l’attaque de la carie dentaire jusqu’à 60 % sans
provoquer d’effets secondaires indésirables» (incluant la fluorose)
Ces affirmations du Ministère équivalent à de la
publicité trompeuse et fallacieuse, l’efficacité s’est avérée très franchement
exagérée, les risques d’effets secondaires, y compris la fluorose très légère,
légère ou modérée, leurs ont été cachés et la teneur était près du double de la
concentration maintenant recommandée.
Comment savoir si les recommandations de Santé Canada sont justes et
exactes aujourd’hui devant une erreur qui dépassait les 50 %?
8.
Le document Le fluorure dans l’eau potable au Canada de Santé
Canada affirme que le Comité fédéral-provincial-territorial sur l’eau potable
(CEP) a évalué l’information disponible sur le fluorure afin de réviser les
recommandations en vigueur sur l’eau potable alors qu’il a fait de nombreuses
omissions.
Mme Carole Clinch, coordinatrice de recherche pour
People for Safe Drinking Water, d’Ontario a soulevé les omissions
suivantes. Nous vous invitons à
consulter ses commentaires élaborées à ce sujet. Nous partageons ses remarques.
En voici ses grandes lignes:
Omission #1: Discussion au
sujet des produits chimiques réellement utilisés dans la fluoration
artificielle de l’eau potable.
Omission #2: Discussion
sur les effets synergiques des produits utilisés dans la fluoration
artificielle de l’eau.
Omission #3: Le fluorure n’est pas un élément
nutritif et il ne devrait pas être avalé.
Omission #4: Des approvisionnements en eau qui
dépassent la limite maximale permise en Ontario sont considérés comme «
optimaux» par Santé Canada.
Omission #5: L’apport en fluorure provenant de
l’eau de consommation est le double de l’apport en fluorure du lait maternisé,
mais la revue évite d’aborder cet aspect.
Omission #6: La
toxicité des dentifrices est due au fluorure.
Omission #7: Les prétentions sur la dose toxique
aiguë omettent des recherches pertinentes.
Omission #8: Des recherches récentes et
pertinentes sur la cancérogénicité ont été omises.
Omission #9: Le fait que le fluorure n’inhibe pas
les bactéries qui causent la production des acides et la dissolution des dents.
Omission #10: Le fait qu’un des auteurs du rapport de
2008 du comité de révision de Santé Canada affirme que l’emploi du terme «
optimal» n’est plus recommandé en ce qui a trait à la fluoration de l’eau.
Omission #11: Le fait que le document a ignoré des
études canadiennes sur la fluorose dentaire publiées récemment et révisées par
des pairs.
Omission #12: Le fait que le document a ignoré des
études sur les conséquences de la cessation de la fluoration.
Omission #13: Le fait que le document a ignoré
plusieurs études et des révisions qui ne concordent pas avec les conclusions du
document.
Omission #14: Le fait
que le document a ignoré les preuves que la fluoration artificielle de l’eau ne
réduit pas les inégalités sociales en santé dentaire
Omission #15: Le fait
que le document de Santé Canada ne s’assure pas du contrôle des facteurs
parasites.
AUTRES OMISSIONS
IMPORTANTES
9. Le document de Santé Canada
a négligé les analyses très documentés sur le cancer effectuées par des
experts, les Drs Bundock, Burk, Morin et de Me Graham dans Science and Public
Policy ainsi que celles de Morin, Graham et Parent dans La fluoration:
autopsie d’une erreur scientifique.
Bunduck, J.B., Burk, D., Graham, J.R. et
P.J. Morin. « Fluorides, water fluoridation and genetic
diseases.» dans Science and public Policy, vol.12, no 1, p. 36 à 46.
Morin, P.J., Graham, J.R. et G. Parent. La
fluoration: autopsie d’une erreur scientifique, Edition Berger, Eastman
(Québec), 2005, 315 p.
10. La dimension
environnementale de la fluoration est complètement évacuée. Santé Canada, s’il a fait le calcul de la
contribution de la pollution par les fluorures dans l’apport total quotidien, a
complètement oublié, dans son document, d’évaluer l’impact des fluorures
provenant de la fluoration sur l’environnement, plus spécialement
l'environnement aquatique, lequel est extrêmement sensible aux fluorures.
Avant de se pencher sur les ajustements de
la concentration des fluorures requise pour la fluoration, Santé Canada devrait
évaluer l’impact du rejets des fluorures sur l’environnement et vérifier si le
rejet des fluorures via la fluoration respecte les lois environnementales
provinciales et fédérales. C’est très
loin d’être certain, car les rejets des eaux usées des municipalités dépassent
de plusieurs fois les normes. Les déversements dans l’environnement sont
effectués à des concentrations qui dépassent
de quelques à plusieurs fois la Recommandation
canadienne sur la qualité des eaux (RCQE) pour la protection de la vie en
eau douce qui correspond à un seuil de 0,12 milligramme de fluorure inorganique
par litre d'eau, le dépassement étant relatif au type de traitement d’épuration
des eaux usées (primaire, secondaire ou tertiaire).
Prenez note aussi que les fluosilicates
sont des substances anthropiques qui n’existent pas dans la nature et ils sont
relativement nouveaux. Comme les
connaissances toxicologiques des fluosilicates sont encore embryonnaires et
qu’aucun organisme n’est en mesure d’en démontrer leur innocuité, le principe
de précaution doit s’appliquer. Le principe de «précaution» défini
dans la politique du développement durable du Québec affirme que «lorsqu'il y a
un risque de dommage grave ou irréversible, l'absence de certitude scientifique
complète ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l'adoption de
mesures effectives visant à prévenir une dégradation de l'environnement.»
C’est aussi ce principe qui vient de motiver Santé Canada d’avertir la
population sur les risques pour la santé que soulève le bisphénol A.
La
bioaccumulation et la biotransformation des fluorures dans la chaîne
alimentaire
L’un des aspects qui n’a pas reçu toute
l’attention requise est la bioaccumulation des fluorures dans la chaîne
alimentaire. On a souligné la
bioaccumulation du plomb, du mercure, de l’arsenic et des insecticides dans la
chaîne alimentaire, mais les fluorures ont aussi cette capacité de se
concentrer dans les algues et dans les plantes aquatiques. Les poissons et les autres animaux
aquatiques peuvent aussi absorber le fluorure inorganique contenu dans l'eau et
dans les plantes qui l’ont concentré et, par conséquence, l'accumuler dans leurs os ou leur
exosquelette. Les oiseaux aquatiques
(canards, martin-pêcheurs, urubus) et les humains pourraient, ainsi, s’exposer
à des quantités excessives de fluorures.
La bioaccumulation est fonction de la concentration dans l’eau, plus la
concentration s’élève dans l’eau plus rapidement la concentration s’élève le
long de la chaîne alimentaire. Nous
n’avons aucune idée de l’impact de cette concentration des fluorures à court, à
moyen ou à longue échéance sur la biodiversité. L’emploi d’eau fluorée pour l’arrosage des jardins augmente aussi
la concentration dans les fruits et les légumes. Il faudra calculer l’augmentation de la concentration des
fluorures dans le poisson et ces légumes dans le calcul de l’apport alimentaire
en fluorure chez les personnes qui les consomment.
Nous n’avons aucune information sur la
capacité des végétaux de transformer les fluosilicates en divers membres de
cette famille de composés chimiques ou en d’autres composés, à les combiner
avec l’aluminium par exemple, pour former des fluorures d’aluminium. Il y a un grave manque de recherches dans ce
domaine.
Il
faut tenir compte de cette propriété des écosystèmes de retirer de l’eau et
concentrer les fluorures qui s’y trouvent lorsque des analyses d’eau sont
menées pour en évaluer les concentrations, car la dispersion, la sédimentation et la dilution ne sont pas les uniques
mécanismes de la réduction de la concentration des fluorures dans l’eau en aval
des effluents. Or la répercussion de la
concentration des fluorures dans la chaîne alimentaire est beaucoup plus grave
pour les écosystèmes, surtout en raison de la toxicité. Elle se doit d’être étudiée avant de
permettre la fluoration. Nous croyons
que le principe de «précaution» stipulé dans la Loi sur le développement durable L.R.Q., chapitre D-8.1.1 doit
s’appliquer dans le cas de la fluoration:
j) «
précaution»: lorsqu'il y a un risque de dommage grave ou irréversible,
l'absence de certitude scientifique complète ne doit pas servir de prétexte
pour remettre à plus tard l'adoption de mesures effectives visant à prévenir
une dégradation de l'environnement. Nous
reviendrons plus loin sur cette loi.
L’autre aspect est le fait que l’on ne
connaisse pas la nature chimique exacte de tous les composés dérivés du
fluosilicate Na2SiF6 lors de sa dissolution dans l’eau
qui peuvent se concentrer dans la chaîne alimentaire. Les fluosilicates sont des substances anthropiques dont on ne
connaît que leur dissociation plus ou moins partielle à un pH autour de 7 et
leur propriété très grave d’inhiber l’acétylcholinestérase. Certains de ces composés sont reconnus comme
très toxiques. Or on ignore tout autant
de ce qu’il advient de la dissociation des fluosilicates quand l’eau s’évapore
dans l’environnement, dans l’air, par exemple lors d’emploi de vaporisateurs et
de certains humidificateurs ou lors de l’arrosage, ou, encore, dans la
préparation des aliments (les céréales sèches). Sans que cela soit nécessairement lié aux fluorures, parce que la
recherche a été effectuée en Allemagne qui n’a pas recours à la
fluoration, Dizer et al, dans une étude
intitulée «The cytotoxic and genotoxic potential of surface water and
wastewater effluents as determined by bioluminescence, imu-assays and selected
biomarkers» dans Chemosphere. 2002,
vol. 46, no 2, p.225-33., démontrent que les effluents aux
traitements primaires et secondaires des villes ont une action inhibitrice très
forte sur l’acétylcholinestérase (neurotoxicité), ainsi que des potentiels
cytotoxiques et génotoxiques. Les
composés responsables de ces effets peuvent être multiples et complexes car les
effluents des villes peuvent contenir une multitude de substances toxiques dont
les fluorures inorganiques, provenant des rejets des industries, des résidences
et de l’écoulement des eaux de surfaces.
Les méthodologies proposées par Dizer et al. pourraient avantageusement
servir à vérifier la toxicité des fluosilicates dans les effluents.
Cette omission du document de Santé Canada
d’évaluer l’impact de la fluoration de l’eau et la conformité avec les lois
environnementales provinciales et fédérales des déversements des eaux usées
contaminées par les fluosilicates constitue une très grave lacune qui doit être
corrigée. Une telle négligence est inexcusable.
11. Les études sur
l’innocuité des fluosilicates absentes ou très déficientes, un produit
recommandé sans homologation par Santé Canada.
Un aberration!
La loi de Santé Canada exige que tout
médicament (et comme les fluosilicates sont des substances anthropiques et par conséquent,
ils ne peuvent être considérés comme des éléments nutritifs) subisse tous les
tests de caractérisation chimique et toxicologique incluant la toxicologie
chronique, la cancérogénicité, la neurotoxicité et la toxicocinétique des
fluosilicates avant d’en permettre la vente et le recours. Cette question a été complètement évacuée de
ce rapport. L’omission de cette
question n’est point excusable puisqu’elle a été soulevée maintes fois dans les
pétitions adressées à Santé Canada au sujet de la fluoration.
En fait, qui garantit l’innocuité des fluosilicates
ajoutés à l’eau?
La question peut sembler banale car depuis
le temps que la fluoration existe, il doit y avoir, certes, un organisme qui
assure cette responsabilité. Les
experts du Ministère de la santé et des services sociaux nous ont affirmé que
c’était la National Sanitation Foundation qui était responsable de l’innocuité
des fluosilicates. Bien! Sauf que, enquête faite, ce n’est pas la National
Sanitation Foundation qui en est responsable.
Ni la National Sanitation Foundation, ni l’American Water Works
Association ne garantissent l’innocuité ou l’efficacité des fluosilicates,
elles n’en fixent que les normes de qualité.
La National Sanitation Foundation est un organisme créé et mandaté par les
manufacturiers de produits chimiques pour le traitement de l’eau afin de
certifier la qualité et la pureté des produits qui sont offerts par
l’industrie. Elle assure la qualité et
la conformité des produits mais elle n’est pas mandatée pour garantir l’innocuité des fluosilicates ou leur efficacité à
réduire la carie dentaire. Elle n’est
pas responsable de leur toxicité ni pour la santé humaine, ni pour
l’environnement. La responsabilité de
la National Sanitation Foundation se limite à assurer que les produits offerts
par les manufacturiers correspondent à certaines normes par rapport à leur
nature, à leur qualité et à leur contamination par d’autres constituants comme
les métaux lourds. Elle n’assure pas
non plus que le produit soit de qualité alimentaire ou pharmaceutique. Il ne l’est pas d’ailleurs. Elle n’est pas une agence gouvernementale et
elle n’a pas de compte à rendre sur la fonctionnalité ou la caractérisation
toxicologique des fluosilicates qu’elle analyse et en assure la qualité chimique. Il est bien indiqué sur les spécifications
analytiques des produits que les caractéristiques toxicologiques ne sont pas
connues. Il n’y a pas de données sur
la toxicité chronique ni sur la toxicité sur l’environnement. Les fluosilicates
sont des substances anthropiques, étrangères à la nature, et nous ne
connaissons aujourd’hui pratiquement rien de leurs effets sur la flore et la
faune ainsi que sur leur capacité de se concentrer. Tant que de très nombreuses études n’auront pas été effectuées
sur toutes les espèces aquatiques, le principe de précaution doit prévaloir
avant de déverser dans l’eau ces fluosilicates
Qui donc alors est responsable légalement
de l’innocuité des fluosilicates ajoutés à l’eau potable? Santé Canada, le
Ministère de la santé et des services sociaux du Québec ou la ville qui
l’ajoute, ou les trois? Le mandat
d’évaluer la fonctionnalité et la caractérisation toxicologique des agents de
fluoration devrait être théoriquement du ressort des agences gouvernementales
comme Santé Canada, Environnement Canada et le Service de la santé publique des
États-Unis. Aussi étrange et surprenant
que cela puisse paraître, ni le Centers for Disease Control (CDC), ni la Food
and Drug Administration (FDA), ni la U.S.Environmental Protection Agency (EPA),
ni la Drug Enforcement Administration (DEA), ni le Washington Departement of
Health ou ni le Public Utility District ne sont responsables de déterminer
l’innocuité des agents chimiques utilisés pour la fluoration. Ils n’en sont pas plus légalement
responsables. La responsabilité de l’innocuité du produit revient donc, au
moins aux États-Unis, aux municipalités qui décident de l’ajouter à leur eau
potable et elles n’ont pas encore été mises au courant que cette responsabilité
leur incombait. Les organismes
gouvernementaux eux-mêmes croyaient qu’un organisme autre que le leur en avait
la responsabilité. Dans la pétition,
environnementale No. 221B déposée par Mme Carole Clinch sous la section 22 de
la Loi du Vérificateur général du Canada, Santé Canada a répondu qu’elle n’a
pas d’études toxicologiques sur les fluosilicates et qu’elle n’avait pas la
responsabilité de tester l’innocuité des fluosilicates «Health Canada has not conducted toxicology studies on
fluorosilicates. The department works with certification
and accreditation bodies to help meet this goal, but has no mandate or
authority regarding the certification process. Health Canada also works
collaboratively with provincial and territorial governments, who are
responsible for the safety of drinking water.»
«Health Canada does not conduct research on the chemistry of fluoride
species.» (Traduction
libre: «Santé Canada n’a pas mené d’études toxicologiques sur les
fluosilicates. Le ministère travaille
de concert avec les organismes de certification et d’accréditation pour
parvenir à atteindre ce but, mais n’a ni mandat ni autorité en ce qui a trait
aux mécanismes de certification. Santé
Canada travaille aussi en collaboration avec les gouvernements provinciaux et
territoriaux qui sont responsables pour l’innocuité de l’eau de
consommation.» «Santé Canada ne mène
pas de recherches sur la chimie des composés de fluorures.» Aux États Unis, finalement, après enquête par
un membre du congrès, aucun des organismes ci-haut mentionnés n’était responsable. Selon la réponse de Santé Canada à la
pétition No. 221B, la responsabilité de la qualité et l’innocuité de l’eau de
consommation relève des provinces et des territoires. Aux États-Unis, aucun des organismes gouvernementaux n’a
réellement assumé sa responsabilité jusqu’ici, à l’exception d’un appel pour
des études par le Service de la santé
publique des États-Unis, en juin 2002.
À notre connaissance, à ce jour, aucune étude sur la caractérisation
toxicologique des fluosilicates, financée par l’un de ces organismes, n’a
encore été publiée dans des publications scientifiques ni rendue publique.
1- Ministre de la Santé et Ministre de
l'lnitiative fédérale du développement économique dans le Nord de l'Ontario,
Ottawa, Canada «Réponse à la Pétition environnementale No. 221B déposée par Mme
Carole Clinch sous la Section 22 de la
Loi du Vérificateur général du Canada, reçue le 22 avril, 2008, « Petition
requesting the discontinuation of artificial water fluoridation», le 20 août,
2008. Réponse de Santé Canada aux questions 07, 08, 09, 010, 013, 019 et 011,
012, 014 et 018:
La substitution du fluorure de sodium par
les fluosilicates dans les années 50 a été faite sur la présomption d’une
dissociation complète des fluosilicates dans l’eau et d’un caractérisation
toxicologique identique au fluorure de sodium sans qu’aucune étude de
caractérisation cinétique ou toxicologique n’ait été effectuée. Après plus de 50 années d’utilisation dans
environ 90 % des municipalités au Canada et aux États-Unis, ce n’est qu’en juin
2002, dans le Federal Register 1 que le Service de la santé publique
des États-Unis fait appel à la communauté scientifique pour qu’enfin de telles
études soient entreprises. Normalement,
de tels travaux de recherche sont absolument requis avant de permettre la mise
sur le marché de quelque produit pharmaceutique que ce soit pour la
consommation humaine ou animale. Ce
faisant, le Service de la santé publique faisait donc une demande pour que la
caractérisation chimique et toxicologique, incluant la toxicologie chronique,
la cancérogénicité, la neurotoxicité et la toxicocinétique des fluosilicates
soient effectuées. Il est aussi
intéressé à des études sur les mécanismes d’inhibition de la cholinestérase par
les fluosilicates ainsi que la biodisponibilité du plomb et la solubilité de ce
dernier dans la tuyauterie en sa présence.
Le Service de la santé publique des États-Unis soulève dans sa
communication le manque d’information sur sa toxicité et révèle que la
prétendue dissociation complète des fluosilicates en fluorure libre dans des
conditions normales n’est pas encore démontrée par des preuves
expérimentales. D’autres études
toxicologiques pourront être envisagées quand les études de caractérisation
auront été complétées. Il faut donc
comprendre et conclure que le Service de la santé publique des États-Unis ne
possède pas les connaissances suffisantes sur les fluosilicates pour en
permettre l’utilisation pour la consommation humaine ou animale. Il n’y a rien non plus qui laisse croire
que Santé Canada ou que le Ministère de la santé et des services sociaux du
Québec aient en main des études sur la caractérisation toxicologique des
fluosilicates. Devant une telle
constatation et dans une telle situation, d’autant plus que deux études2-3
mettent sérieusement en doute une dissociation complète des fluosilicates dans
l’eau, particulièrement dans des pH acides, toutes les autorités de la santé
publique devraient, par principe de précaution, surseoir immédiatement à toute
fluoration avec ces substances. Sans
ces données de caractérisation toxicologique, Santé Canada ne devrait pas
permettre l’utilisation d’un tel produit pour l’alimentation humaine ou
animale, parce que les fluosilicates sont effectivement des additifs
alimentaires ajoutés à l’eau et, par conséquence, aux aliments. Santé Canada permet l’ajout des
fluosilicates comme additifs à l’eau et à la glace mais pas aux aliments, parce
que ces additifs chimiques anthropiques toxiques, une fois dissous dans l’eau
se transforment miraculeusement en «éléments nutritifs bénéfiques». En principe, si on dissout un fluosilicate
dans l’eau avant de l’ajouter à un aliment, l’additif illégal deviendrait légal
si on suit la logique, à moins que ce type de miracle ne puisse se produire
qu’à l’usine de filtration.
Logiquement, le fait qu’il y a peu
d’études effectuées sur la toxicité des fluosilicates ne veut pas dire qu’il
n’y a pas d’effet toxique, mais simplement qu’on ne s’y est pas penché pour les
trouver. L’absence d’étude ne peut donc
pas servir de preuve d’innocuité. Vous
n’avez qu’à taper dans les banques de données scientifiques ou médicales le
terme «fluosilicate» et les mots clés «génotoxicité», «cytotoxicité»
«mutagénécité», «cancérogénicité», «neurotoxicité», «cancérogénicité»,
«toxicocinétique» (en anglais de préférence) pour vous rendre compte de la
réalité de l’absence de preuve de son innocuité
1- Avis du Department of Health and Human services, Public Health
Service, National Toxicology Program, «Announcement
of and Request for Public Comments on Substances Nominated to the National
Toxicology Program (NTP) for Toxicological Studies and on Study Recommendations
Made by the NTP Interagency Committee for Chemical Evaluation and Coordination
(ICCEC) Hexafluorosilicic acid,
[16961-83-4]» ,dans Federal Register: 12 juin, 2002, vol. 67,
No 113
2- Westendorf, J. «Die Kinetik der Acetylcholinesterasehemmung und
Die Beeinflussung der Permeabilitat von Erythrozytenmembranen durch Florid und
Fluorocomplex-Jonen» Thèse de doctorat, Universitat Hamburg Fachbelreich
Chemie, Hambourg, 1975.
3- Finney, W.F.,
Wilson, E., Callender, A., Morris, M.D., Beck ,L.W. «Reexamination of
hexafluorosilicate hydrolysis by 19F NMR and pH measurement.». dans Environ Sci
Technol., 2006, vol.40, no 8, p. 2572 à 2577
Les fluosilicates : de puissants
inhibiteurs de l’acétylcholinestérase
Comme nous venons de le mentionner, des
doutes sérieux sont soulevés, assez sérieux pour que le Service de la santé
publique demande des études, sur la possibilité d’inhibition de la
cholinestérase par les fluosilicates non dissociés ou reconstitués dans
l’acidité de l’estomac. Les
fluosilicates sont déjà connus comme étant de puissants inhibiteurs de
l’acétylcholinestérase à de très faibles concentrations. C’est d’ailleurs à cause de cette propriété
d’inhibiteur de l’acétylcholinestérase sur la physiologie que les fluosilicates
entrent dans la composition de plusieurs insecticides. L’inhibition de l’acétylcholinestérase
paralyse la transmission nerveuse dans les synapses en empêchant la dégradation
de l’acétylcholine. À concentration
suffisamment élevée, les fluosilicates, en inhibant l’acétylcholinestérase,
paralysent la respiration et entraînent consécutivement la mort. C’est le mécanisme d’action des insecticides
fluorés. Une étude démontre que dans
certaines conditions relatives au pH, condition observable dans l’estomac par
exemple, les fluosilicates, à la concentration utilisé dans la fluoration,
deviendraient des inhibiteurs de l’acétylcholinestérase 1-2. Par conséquence, il serait logique de croire
que cet effet des fluosilicates pourrait survenir dans certains milieux
aquatiques et dans les estomacs des animaux et des êtres humains avec la
fluoration, si des fluosilicates sont utilisés. Les perturbations dans la fonction de l’acetylcholine est liées à
la maladie d’Alzheimer.
1- Westendorf, J. «Die Kinetik der
Acetylcholinesterasehemmung und Die Beeinflussung der Permeabilitat von
Erythrozytenmembranen durch Florid und Fluorocomplex-Jonen» Thèse de doctorat,
Universitat Hamburg Fachbelreich Chemie, Hambourg, 1975
2- Finney, W.F., Wilson, E., Callender, A., Morris, M.D., Beck
,L.W. «Reexamination of hexafluorosilicate hydrolysis by 19F NMR and pH
measurement.». dans Environ
Sci Technol., 2006, vol.40, no 8, p. 2572 à 2577
Les fluosilicates peuvent augmenter le taux de plomb dans
l’eau
Maas, R..P. et al.1 de l’Environmental Quality Institute,
l’University of North Carolina-Asheville ont récemment démontré qu’en présence
de chloramine, un désinfectant utilisé dans le traitement de l’eau, les
fluosilicates augmentent de 4 à 5 fois la dissolution du plomb dans l’eau
provenant du laiton de la tuyauterie, en s’attaquant à l’alliage,
comparativement à l’emploi simple du chlore comme agent de désinfection.
Coplan et al.2 ont démontré que
le fait d’habiter dans une ville dont l’eau est traitée avec des fluosilicates
est associé à deux effets neurotoxiques : (1) la prévalence des enfants ayant
une plombémie élevée (Plombémie >10microg/dL)
est environ le double de celle observée dans les villes non fluorées (Facteur
de risque 2, chi2p<0.01); (2) il a
été démontré que l’eau fluorée aux fluosilicates interfère avec la fonction
cholinergique. L’eau traitée au fluosilicate est associée à une corrosion
importante de la plomberie de laiton produisant un taux élevé de plomb dans
l’eau. Les nouvelles données réfutent
la croyance qui perdure depuis longtemps que le plomb de l’eau contribue peu à la
plombémie chez les enfants, alors qu’il est probable qu’elle y contribue à 50 %
ou plus.
Masters et al.3 avait
antérieurement rapporté dans une étude utilisant des données obtenues de 151
225 analyses sanguines pour la plombémie chez des enfants de 0 à 6 ans, à
partir des données et échantillons recueillis par le New York State Department
of Children's Health, principalement entre 1994-1998, que pour chaque groupe
d’âge et pour chaque groupe relié à la race, il y avait une association
constante et significative entre une élévation de la plombémie et l’eau fluorée
avec les fluosilicates.
Macek et al.4 ont contesté les
résultats de Masters et al, mais les données de Macek et al. se limitaient à
9,477 échantillons contre 151, 225 pour l’étude de Masters et al. De plus, d’autres éléments apportés par
Coplan et al. (2007) réfutent la critique de Macek.
1- «Effects of fluoridation
and disinfection agent combinations on lead leaching from leaded-brass parts.» Neurotoxicology. 2007, vol. 28, no
5, p.1023-31.
2- «Confirmation of and explanations for elevated blood lead and
other disorders in children exposed to water disinfection and fluoridation
chemicals.» Neurotoxicology. 2007,
vol. 28, no 5, p.1032-42.
3- «Association of silicofluoride treated water with elevated
blood lead.», Neurotoxicology. 2000,
vol. 21, no 6, p.1091 à 1100.
4- «Blood lead concentrations in children and method of water
fluoridation in the United States, 1988-1994.»
Environ Health Perspect. 2006, vol. 114, no 1, p.130 à 134.
L’absence de tests d’innocuité sur les
fluosilicates soulève de sérieuses questions légales et éthiques.
12. Les questions légales et
éthiques n’ont pas été abordées dans le document Le fluorure dans l’eau potable au Canada de Santé Canada
La classification du fluorure, et plus
particulièrement sous la forme de fluosilicate de sodium ou d’acide
fluosilicique soulève de sérieuses préoccupations, à savoir s’il s’agit d’un
médicament ou d’un aliment. Si l’on
doit le considérer comme un médicament, cela pose un tas de problèmes éthiques
et légaux. Selon les charte des droits
et libertés, le consentement éclairé du patient est essentiel avant tout
traitement, ce qui signifie que le patient est en droit de recevoir toute
l’information requise au sujet des avantages et des risques de la fluoration,
incluant le risque de développer la fluorose dentaire ainsi que sur la nature
expérimentale des fluosilicates (puisque les tests de toxicologie n’ont pas
encore été effectués) et sur la nature artificielle du produit.
Voici ce que soulève le Rapport du Comité sur
la fluoration de l’eau du Comté de Hampshire en Angleterre, Novembre 2008, (traduction de Gilles
Parent, ND.A.
Version anglaise et documents pertinents
disponibles sur le site du comté du Hampshire à :
« 15.2
Cheng, Chalmers et Sheldon signalé que «la définition légale d’un
médicament aux États-Unis est toute
substance ou toute combinaison de substances présentées comme ayant des
propriétés pour traiter ou prévenir une maladie chez les êtres humains» ou «qui
peut être utilisée ou administrée à des êtres humains, soit dans le but de
restaurer, de corriger ou de modifier des fonctions physiologiques en exerçant
une action pharmaceutique, immunologique ou métabolique». En outre, en 1983, un juge a statué que
l’eau fluorée tombe sous la Loi des Médicaments de 1968 (Medicines Act 1968)»
Section 130, qui définit «un médicament» et je me satisfaits du fait que le
fluorure, quelle que soit la forme sous lequelle il est finalement acheté par
les défendeurs, tombe à l’intérieur de cette définition» (6). Le Comité de révision a reçu des
informations contradictoires au sujet de la légalité d’ajouter du fluorure à
l’eau. L’United Kingdom Councils
against Fluoridation a produit une preuve significative laissant entendre qu’il
y a pour le moins une point d’interrogation sur cette question.
« 15.3
De plus, «si le fluorure est un médicament, la preuve sur ses effets
devrait être soumise aux mêmes critères de preuves qu’on attend d’un
médicament, incluant les preuves scientifiques des essais aléatoires. S’il est
utilisé en tant que mesure préventive collective sur des gens en santé, la
preuve d’un bénéfice net devrait être plus grande que celle requise pour un
médicament destiné à traiter la maladie.
Une grande distinction existe entre enlever des expositions qui ne sont
pas naturelles et ajouter des expositions qui ne sont pas naturelles. Dans la deuxième situation, la preuve du
bénéfice et de l’innocuité doit être plus solide. Il n’y a pas eu d’essai aléatoire sur la fluoration de l’eau
(6).»
« 15.4
La Medicines and Healthcare Products Regulatory Agency (MHRA), qui est
l’organisme responsable de la réglementation des médicaments au Royaume-Uni, a
été approchée pour obtenir son opinion sur cette question; elle a confirmé
qu’on ne lui avait jamais demandé de classer le fluorure de cette façon.»
Au vu de ces définitions, il serait
difficile pour un juge de déclarer que les fluosilicates sont dans une
catégorie autre que celle des médicaments, étant donné que les suppléments de
fluorures sont déjà uniquement réservé à la vente en pharmacie, et que les
fluosilicates sont des substances toxiques et artificielles dont l’innocuité
est absolument inconnue, puisque ni sa caractérisation toxicologique, ni sa
génotoxicité, ni sa mutagénécité, ni sa carcinogénécité ne sont connues. Par
conséquent, ces substances ne devraient pas servir d’additifs à l’eau ou à
alimentation de l’être humain. Le mode de distribution du fluorure par la
fluoration de l’eau fait que la dose est aléatoire et non précise, faisant de
cette pratique un grave accroc à l’éthique et à la pratique médecale.
13. L’approche de précaution
face à la fluoration, pour des raisons de plausibilités d’effets nuisibles pour
la santé et pour l’environnement, doit être adoptée jusqu’au jour où des
preuves claires des bénéfices et des effets nuisibles seront démontrées
Conclusion:
Le rapport Le fluorure dans l’eau potable au Canada
de Santé Canada est décevant par son manque de rigueur, par ses faiblesses méthodologiques,
par ses nombreuses omissions d’études pertinentes et importantes, par son
manque d’objectivité et par l’absence d’analyse des préalables comme la
légalité, l’éthique et sa conformité aux lois environnementales. Si la fluoration de l’eau contrevient à un
seul de ces préalables, alors la mesure devient caduque.
Avec des ressources supplémentaires, nous aurions pu
faire une critique plus poussée et soulever toutes les faiblesses, toutes les
erreurs et toutes les incongruités du document. Nous croyons que nous avons
fait la preuve de ses graves lacunes.
Nous espérons que Santé Canada fera ses devoirs et s’assurera à l’avenir
de produire un document soutenable scientifiquement et qui orientera la politique
du Ministère vers un contrôle sévère de cet élément toxique, au même titre que
le plomb, l’arsenic, le mercure ou le cadmium.
Au lieu de continuer à appuyer une politique
controversée dont l'efficacité et la sécurité n'ont jamais été démontrées, les
gouvernements fédéral et provinciaux pourraient plutôt aspirer à jouer un rôle
constructif en matière de santé par la promotion d’une saine alimentation,
d’une bonne hygiène dentaire et d’une vie plus saine, ce qui aurait un impact
beaucoup plus grand sur la santé générale et dentaire en particulier. Puisque l’être humain fait partie intégrante
des écosystèmes, les effets de la fluoration sur l’environnement aquatique
pourraient avoir des conséquences désastreuses sur la faune et la flore, et par
conséquent sur l’espèce humaine.
Veillez accepter nos salutations les plus écologiques
et soyez assurés de notre collaboration.
Nos organismes s’assurerons d’une vaste diffusion de
ce document afin de favoriser un débat de société objectif sur cet enjeux
majeur.