|
La
révision de Santé Canada sur le fluorure dans l’eau potable est inexacte
et scientifiquement inacceptable
| Par
Carole Clinch BA, BPHE, Safe Dinking water |
Adaptation française: Action Fluor Québec
|
La
méthode scientifique à la base de la recherche présuppose la volonté
de continuellement réexaminer les données probantes et les hypothèses
scientifiques. On suppose également que des critères rigoureusement
scientifiques sont utilisés lors de l’évaluation de toutes les études. On
s’attend à ce que toute organisation responsable et en position d’autorité
travaillant dans le domaine des règlements sanitaires se conforme à ces
principes fondamentaux de la science. Or, la révision récente de Santé
Canada sur la fluoration de l’eau démontre que soit cette organisation est
incapable ou bien n’a pas la volonté de respecter ces principes
fondamentaux.
Les
points suivants détaillent brièvement ce constat:
1.
Santé Canada dénature la position de
l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En
fait, l’OMS n’a pas de position officielle ni aucun document de critères
à cet effet.
2.
À répétition, Santé Canada déforme les résultats de la révision du Conseil
national de la recherche scientifique des États-Unis (NRC) de 2006 sur
les fluorures dans l’eau potable.
3.
Le panel de Santé Canada n’a pas l’expertise requise pour évaluer
correctement les risques associés à l’ajout des produits chimiques fluorés
dans l’eau et qui se répercutent sur les plantes, animaux et êtres
humains. Quatre des six membres du panel sont des dentistes dont le champ
d’expertise se limite à la cavité orale. Les deux autres membres n’ont
jamais publié de recherche sur les fluorures, ce qui dénote un manque
d’expertise en la matière.
4.
Dans l’évaluation du risque, Santé Canada assume erronément que les
conditions de vie et le régime alimentaire sont les mêmes aujourd’hui que
durant les années 1930 et 1940.
5.
À plusieurs reprises, Santé Canada évite d’appuyer ses affirmations avec
des données probantes issues de la recherche scientifique. Cela est
scientifiquement inacceptable et rend ces affirmations invalides.
6.
Une véritable révision basée sur les données probantes n’omet pas des
pans entiers de la recherche scientifique (ex: la recherche sur les glandes
thyroïde et pinéale), et cela sans aucune justification. Des omissions aussi
grossières dans le cadre de cette révision rendent les conclusions de Santé
Canada invalides.
7.
Une révision véritablement basée sur les données probantes n’omet pas
une étude réalisée par l’un des membres de son panel. De telles omissions
sont inexplicables, excepté si l’étude en question n’appuie pas les
conclusions du panel.
8.
D’un côté, la révision accepte sans émettre aucune critique la mauvaise
qualité des données concernant l’efficacité de la fluoration artificielle
de l’eau, tel que cela a été souligné par le comité de révision de York
dès l’an 2000. D’un autre côté, on exige une certitude de 100%
concernant les données sur les risques associés à la fluoration. Ceci dénote
l’utilisation de deux poids deux mesures dans la révision de Santé Canada,
et cela est scientifiquement inacceptable.
9.
Santé Canada ignore l’épidémie actuelle de la fluorose dentaire qui sévit
en réaffirmant la concentration maximale admissible (MCA) de 1.5 mg/L
de fluorure dans l’eau potable et en affirmant que la concentration
recommandée de 0.7 mg/L est sécuritaire. Tout comme le “liséré de
Burton” sur les gencives, qui est un biomarqueur visible d’empoisonnement
au plomb, la fluorose dentaire est le signe visible d’une intoxication au
fluorure.
•
On observe 70.9% de fluorose dentaire à 0.7-1.2 mg/L de fluorure, Réf.: J
Public Health Dent, 2006;66(2):92-61
•
On observe de 25 à 70% de fluorose dentaire dans les collectivités fluorées,
Réf.: Ontario Ministry of Health & Long Term Care Review 1999
10.Santé
Canada n’explique pas pourquoi les Recommandations pour la qualité des
eaux au Canada précisent que la concentration de fluorure dans l’eau
doit être limitée à 0.12 mg/L pour protéger les espèces aquatiques.
Pourtant les Normes pour l'eau potable au Canada sont plus de dix fois
supérieures à cette limite environnementale, soit de 1.5mg/L.
11.
Santé Canada a admis que certaines de ses réponses, données suite à la
demande présentée au Vérificateur général du Canada, sont erronées
Conclusions
Nous
exigeons que Santé Canada réexamine la révision ainsi que tout le processus
de révision:
-
en mettant sur pied un comité non biaisé constitué d’experts qualifiés
qui ont publié des études sur le fluorure et la fluoration de l’eau dans
des périodiques scientifiques;
-
en mettant sur pied un comité équilibré constitué de scientifiques à la
fois pour et contre la fluoration.
-
en s’assurant que la révision tienne compte de toutes les études
scientifiques valides publiées et de toutes les révisions d’importance, en
particulier les plus récentes, car elles tiennent mieux compte des conditions
environnementales et du régime alimentaire actuels ;
-
en établissant des critères scientifiques clairs concernant l’évaluation
des études et en expliquant pourquoi une étude examinée est retenue ou
rejeté;
-
en incluant l’apport de fluorure issu de toutes les sources: aliments, tous
les produits d’hygiène dentaire, les suppléments utilisés en dentisterie
et pédiatrie, les médicaments fluorés (au moins 300 médicaments
contiennent du fluorure), le sel (le sel de Windsor et des mines Sifto
contient 200 ppm de fluorure), les insecticides et pesticides, les résidus
des pesticides de fumigation, la pollution environnementale, incluant les données
complètes d’écart type pour les sources d’exposition qui présentent le
risque le plus élevé ;
-
en évaluant avec précision la dose thérapeutique requise à la prévention
de la carie dentaire (en mg/kg/jour) et la dose susceptible de causer les
premier signes d’un apport excessif en fluorure et un niveau de fluorose
discutable, tel que mentionné par Warren, Levy et al. 2008, dont
l’un d'eux est auteur de cette révision. S’il advenait qu’il y a
un chevauchement entre la dose thérapeutique et la dose toxique,
l’utilisation du fluorure comme agent thérapeutique devrait être rejetée
pour des raisons médicales et morales.
-
en incluant l’évaluation du risque pour la santé des enfants, des aînés,
des grands buveurs d’eau (dont les travailleurs, les athlètes et les
malades), des malades du rein (qui ne peuvent facilement éliminer le
fluorure) et de ceux qui sont déjà affectés par l’intoxication au
fluorure (dont les immigrants en provenance des régions de fluorose endémique:
Inde, Irak, Turquie, Algérie, Chine, etc., puisque l’immigration fait
partie de la réalité canadienne).
-
en incluant la révision complète des impacts environnementaux et de
l’accumulation du fluorure en plus de la pollution industrielle au fluorure,
en particulier dans les zones industrielles qui posent problème.
-
en incluant les considérations légales et éthiques qui naissent de
l’imposition de la fluoration à des populations entières, tel que discuté
par le Nuffield Council on Bioethics et en vertu de la Charte
canadienne des droits et libertés, et en tenant compte du fait que le
fluorure n’est pas un élément nutritif essentiel et qu’il s’agit donc
nécessairement d’un médicament, tel que spécifié dans la législation
canadienne relative aux produits pharmaceutiques.
Sans
ces mesures correctives, la révision de Santé Canada manque d’intégrité
scientifique, rendant ses conclusions invalides.
|